Eglise Saint-Genieys

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Homélie du cardinal Castrillón à Saint-Pierre de Rome le 26 octobre 2013

"Nous ne sommes pas seuls"

Homélie du cardinal Castrillón à Saint-Pierre de Rome le 26 octobre 2013

 
Nous vous proposons le texte de l'homélie prononcée par S.E. le cardinal Castrillón Hoyos, préfet émérite de la Congrégation pour le Clergé et ancien président de la Commission Ecclesia Dei, durant la Sainte Messe célébrée le 26 octobre 2013 en la Basilique vaticane pour le second pèlerinage international Summorum Pontificum à Rome. Dans ce sermon le cardinal a affirmé que la messe traditionnelle, qu’il appelle « le rite grégorien », a retrouvé toute sa vitalité : « Le Motu Proprio Summorum Pontificum a rendu au peuple chrétien la possibilité de bénéficier des fruits spirituels liés à sa célébration ». Il a eu aussi ces paroles très consolantes : « Nous ne sommes pas seuls car, en célébrant l’ancien rite, nous accompagnent de merveilleux siècles d’histoire de la sainteté ; dans le silence du mystère de ce rite sacré, des milliers de saints ont trouvé la douce profondeur de la rencontre avec Dieu ». Plutôt que de parler de « la messe de toujours », selon le raccourci bien connu, le cardinal Castrillón parle en somme de la « messe des saints », une formule qui témoigne de l'unité du peuple Summorum Pontificum avec l'Église triomphante.
 
Loué soit Jésus-Christ !
 
C'est avec plaisir que je salue tous les participants à ce pèlerinage ad Petri Sedem à l'occasion de l'Annus Fidei.
 
C'est une occasion de joie spéciale qui nous est donnée aujourd'hui de pouvoir rendre hommage, précisément au moment de l'Année de la Foi, au pape François, chef visible de l'Église qui, comme nous l'enseigne l'Évangile, est fondée sur le roc de Pierre.
 
Chers fidèles, le saint rite grégorien qui, d'une certaine façon, a retrouvé sa vitalité il y a six ans par la promulgation du Motu Proprio Summorum Pontificum, a rendu au peuple chrétien la possibilité des bénéficier des fruits spirituels liés à sa célébration.
 
Aujourd'hui, conscients de cette vérité, nous entendons par notre présence dans le temple principal de la Chrétienté, et par l'intercession de la Vierge Marie, accomplir l'acte de consécration au Christ, Roi de l'Univers, dans l'obéissance au Vicaire du Christ.
 
L'Évangile de saint Luc nous enseigne comment le mystère de notre salut personnel s'accomplit dans la fidélité à Dieu, et l'exemple le plus haut que nous donne le Seigneur des Seigneurs lui-même, pour nourrir ce désir de sainteté, est incontestablement celui de la glorieuse Mère de Dieu.
 
S'il est vrai que les incomparables vertus de la Très Sainte Vierge constituent un modèle inaccessible pour nous, il est tout aussi vrai qu'en nous consacrant à cette Mère de toutes les grâces, nous nous assurerons la jouissance des bienfaits spirituels qu'elle seule a pleinement mérités par son humilité et son obéissance à Dieu, au point non seulement d'en être parée mais d'en être aussi instituée comme la royale dispensatrice : « J'ai poussé mes racines dans le peuple glorifié, dans la portion du Seigneur, dans son héritage. » (Eccl. 24, 12). C'est par ces mots de consolation mystique que le livre du Siracide décrit la présence constante de notre Mère au milieu de ses fils pour y exercer cette médiation de toute grâce qui lui est propre.
 
« Certes, l'on ne peut dire que la dispensation de ces trésors ne soit un droit propre et particulier de Jésus-Christ, car ils sont le fruit exclusif de sa Mort et lui-même est, de par sa nature, le médiateur de Dieu et des hommes. Toutefois, en raison de cette communion de douleurs et d'angoisses, déjà mentionnée, entre la Mère et le Fils, a été donné à cette auguste Vierge d'être auprès de son Fils unique la très puissante médiatrice et avocate du monde entier ». (Pie X, encyclique Ad diem illum laetissimum à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'institution du dogme de l'Immaculée Conception par Pie IX)
 
Le rôle central de Marie dans l'histoire du salut, dans la vie de l'Église et dans celle de chacun d'entre nous, est parfaitement synthétisé dans le Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge de saint Louis-Marie Grignion de Montfort : « Dieu le Fils a communiqué à sa Mère tout ce qu'il a acquis par sa vie et sa mort, ses mérites infinis et ses vertus admirables, et il l'a faite la trésorière de tout ce que son Père lui a donné en héritage ; c'est par elle qu'il applique ses mérites à ses membres, qu'il communique ses vertus et distribue ses grâces ». (n° 24)
 
Et saint Louis-Marie d'écrire, à propos du dessein céleste du Tout-Puissant de faire de Marie la médiatrice universelle du salut : « Dieu le Saint-Esprit a communiqué à Marie, sa fidèle épouse, ses dons ineffables, et il l'a choisie pour la dispensatrice de tout ce qu'il possède : en sorte qu'elle distribue à qui elle veut, autant qu'elle veut, comme elle veut et quand elle veut, tous ses dons et ses grâces, et il ne se donne aucun don céleste aux hommes qui ne passe par ses mains virginales ». (n° 25)
 
En cette Année de la Foi, l'Église nous invite à regarder avec une attention toute spéciale celle qui, en premier et de la façon la plus sublime, a cru dans la parole du Seigneur au point d'être associée comme co-rédemptrice à l'œuvre du salut accomplie dans la Mort et la Résurrection glorieuse du Fils de Dieu enfanté virginalement en son sein.
 
« La Mère du Seigneur est l’icône parfaite de la foi, comme dira sainte Élisabeth : "Bienheureuse celle qui a cru." (Lc 1, 45) » nous rappelle le pape François dans Lumen Fidei (n° 58). Le docteur très zélé, saint Alphonse de Liguori, citant Suarez, affirme : « Marie eut plus de foi que tous les hommes et que tous les anges. Elle voyait son Fils dans l’étable de Bethléem, et elle le croyait créateur du monde. (...) Elle le vit enfin à sa mort, méprisé et crucifié, et tandis que la foi chancelait chez les autres, Marie persistait à croire fermement qu'il était Dieu ». (Les Gloires de Marie, seconde partie « Les vertus de Marie », chapitre III, § 4)
 
Le vénérable Pie XII nous invite à honorer le nom de Marie aussi bien en lui adressant les louanges qui lui sont dues qu'en imitant par notre vie l'exemple de toute vertu dont elle est couronnée.
 
« Que le nom de Marie, plus doux que le nectar, plus précieux que n'importe quelle gemme soit l'objet des plus grands honneurs ; que personne (...) ne se croie fils de Marie, digne d'être accueilli sous sa puissante protection, si, à son exemple, il ne se montre doux, juste et chaste, et ne contribue avec amour à la vraie fraternité, soucieuse non de blesser et de nuire, mais d'aider et de consoler ». (Ad Caeli Reginam, IV)
 
Avec notre Saint-Père François, implorons l'intercession de la Mère du Seigneur et notre Mère afin qu'elle préserve notre foi et nous aide à être de vrais disciples de Jésus, gardiens de la paix : « Tournons-nous vers Marie, Mère de l’Église et Mère de notre foi, en priant : Ô Mère, aide notre foi ! (...) Rappelle-nous que celui qui croit n’est jamais seul. Enseigne-nous à regarder avec les yeux de Jésus, pour qu’il soit lumière sur notre chemin ». (Lumen Fidei, n° 60)
 
Cher Saint-Père, les pèlerins que nous sommes, depuis votre Basilique pontificale, depuis l'autel de votre chaire, nous voulons vous assurer qu'aujourd'hui plus que jamais nous ne nous sentons pas seuls. Très Saint-Père, nous sommes vos fils et sentons votre proximité, nous sommes sous votre regard de père aimant, nous sommes en compagnie de notre Mère des cieux. Nous ne sommes pas seuls car, en célébrant l'ancien rite, nous accompagnent de merveilleux siècles d'histoire de la sainteté ; dans le silence du mystère de ce rite sacré, des milliers de saints ont trouvé la douce profondeur de la rencontre avec Dieu et, en ce jour particulier, ils ne nous laissent pas goûter l'amertume de la solitude car nous profitons, dans la Rome du Pape, notre père, de l'étreinte de tous nos frères du monde.
 
Plus encore, sur la grande Place Saint-Pierre, lieu d'accueil universel, nous ressentons la chaleur fraternelle de la nature humaine et pouvons partager les espoirs, les larmes et les soupirs des croyants et des non-croyants, des chrétiens et des non-chrétiens.
 
De cette source d'amour qu'est la Rome du pape François, nous emporterons sur les routes du monde le joyeux message de Jésus, fils de Marie et fils de Dieu qui nous aima jusqu'à la mort sur la Croix et nous attend dans la grande étreinte de la Résurrection.
 
Que la Reine du Saint Rosaire, dont nous invoquons les grâces tant désirées pour nous et pour le monde entier, touche le cœur des hommes afin qu'ils sachent être de vrais disciples du Rédempteur.
 

Cardinal Castrillón Hoyos, basilique Saint-Pierre, 26 octobre 2013



18/03/2014
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