Eglise Saint-Genieys

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Kyriale et Credo dans la musique liturgique

Kyriale et Credo dans la musique liturgique 

 

« Qui bien chante, deux fois prie » 

« Qui aime, chante » 

Saint Augustin. 

 


 


 

Introduction : 

 

En matière d’usage des Kyriale et des Credo, il n’existe pas de règles déterminées par la Sacrée Congrégation des rites, si ce n’est le conseil (sans obligation) d’employer les messes XV à XVIII pour les féries (messes de semaine).

Aucune règle absolue, donc, mais des coutumes.

 

Cependant, il y a les bonnes coutumes : par exemple l’usage du Kyriale I pour le Temps Pascal ou du XVII pour les dimanches de l’Avent et du Carême. Mais il y a, par ailleurs, les mauvaises coutumes : l’usage abusif du Kyriale VIII (des Anges), à tel point que, dans certaines paroisses, on n’en connaisse pas d’autres.

 

Ces usages et coutumes ont ceci d’intéressant qu’ils permettent de veiller à la variété en matière de choix du chant liturgique, tout en évitant la monotonie.


 

1) Kyriale : 

 

Le Kyriale comprend l’ensemble des quatre pièces de chant grégorien qui constituent l’ordinaire de la messe. Il tire son nom de la première des pièces chantées à la messe : le Kyrie.

Chaque Kyriale comporte un Kyrie, un Gloria (sauf pour l’Avent, le Carême et les messes des défunts), un Sanctus et un Agnus Dei.

 

Il existe dix-huit Kyriale différents.

Cependant, afin de simplifier les choses, nous allons parler des neuf les plus couramment utilisés au cours de l’année liturgique.

 

-         Le I « Lux et Origo » pour le Temps Pascal (de la Vigile de Pâques, inclusivement, à la Trinité, exclusivement).

-         Le II « Fons Bonitatis » pour les fêtes solennelles et fêtes dites doubles de Ière classe (Toussaint).

-         Le IV « Cunctipotens Genitor Deus » pour les fêtes doubles de IIème classe (fêtes des Apôtres, des pères de l’Eglise).

-         Le VIII « De Angelis » aux fêtes doubles de IIème et IIIème classes.

-         Le IX « Cum Jubilo » aux fêtes de la Très Sainte Vierge.

-         Le XI « Orbi Factor » pour les dimanches ordinaires (temps après l’Epiphanie, temps de la Septuagésime sans Gloria, temps après la Pentecôte).

-         Le XII « Pater Cuncta » aux fêtes semi-doubles et mémoires (dimanches ordinaires, temps après la Pentecôte).

-         Le XVII pour les dimanches de l’Avent et du Carême.

-         Le XVIII pour les féries de l’Avent et du Carême (Mercredi des Cendres) ainsi qu’aux messes des défunts.

 

Nous ne pouvons pas terminer cette rétrospective sans évoquer un Kyriale classé à part et différent des traditionnels Kyriale grégoriens. Il s’agit du Kyriale de du Mont. Henry du Mont, Maître de la Chapelle Royale de Versailles, composa ce Kyriale (avec un Credo) pour le roi Louis XIV. En France, il est de tradition de chanter cette messe pour les grandes solennités liturgiques.

 

2) Credo : 

 

Le Credo, comme le Gloria, est traditionnellement entonné par le prêtre. Profession de foi de toute l’assemblée, il se situe juste après l’homélie et avant l’Offertoire. On le dit aux dimanches et solennités.

En ce qui concerne son emploi, il existe encore moins de règles que pour les Kyriale. Disons, encore une fois, qu’il y a des usages. Le seul principe proprement liturgique est que le Credo I « est le ton authentique mais que d’autres peuvent être utilisés selon l’usage ». Dans la pratique, par conséquent, il est bien de donner au Credo I la place la plus importante.

 

Il existe six Credo. Encore une fois, par souci de simplicité, nous évoquerons les trois principaux.

 

-         le Credo I ou Credo « de base ».

-         le Credo III pour les fêtes doubles de Ière et IIème classe.

-         le Credo IV pour des fêtes ou des temps privilégiés très déterminés. Ainsi, il pourra remplacer le Credo III à l’occasion des fêtes mariales, du temps de Noël à l’Epiphanie, ou durant le Temps Pascal.

 

Comme pour les dix-huit Kyriale, il existe, en plus des six Credo en grégorien, un Credo de du Mont, composé en même temps que son Kyriale, mentionné plus haut, et qui se chante dans les mêmes occasions que le Kyriale de 1669.

 

3) Quelques illustrations : 

 

Ces règles, ou usages, ou encore coutumes, ne doivent pas effrayer une chorale qui débute, ou une assemblée qui se forme, après une interruption de la pratique de la liturgie traditionnelle. Ils permettent de motiver et de guider le travail, même si celui-ci peut parfois prendre du temps.

 

Ainsi, une certaine paroisse procèdera de la sorte :

 

-         Pour la fête du Saint Sacrement, on choisira le Kyriale II.

-         Pour les fêtes des patrons secondaires de la France, le Kyriale IV sera chanté.

-         Pour le temps allant de Noël à l’Epiphanie, y compris les jours de ces deux fêtes, le Kyriale VIII conviendra.

-         En Avent et en Carême, la chorale chantera le Kyriale XVII.

 

De son côté, le Vatican suggère ce qui suit :

 

-         Dimanches de l’Avent : Kyriale XVII et Credo IV.

-         Noël : Kyriale IX et Credo IV.

-         Dimanches de Carême : Kyriale XVII et Credo IV.

-         Dimanche de Pâques : Kyriale I et Credo III.

-         Dimanches de l’année : Kyriale XI et Credo I.

-         Fêtes du Temps Ordinaire : Kyriale VIII et Credo III.

-         Fêtes de la Très Sainte Vierge : Kyriale IX et Credo IV.

-         Fêtes des Apôtres : Kyriale IV et Credo III.

 

Enfin, pour notre part, nous avons déjà vu passer plusieurs questions, sur des sites ou forums spécialisés, avec des réponses qui nous semblent tout autant valables pour être prises en considération.

 

Ainsi, dans le cas d’une messe de mariage il était suggéré, si celle-ci a lieu durant le Temps Pascal et un samedi (ce qui est le cas la plupart du temps), d’utiliser le Kyriale I.

En effet, dans cet exemple, le « propre du jour » supplante la messe dite « votive » de mariage.

Pour une messe de mariage célébrée un samedi ordinaire, et où la messe votive de mariage sera dite, le Kyriale VIII sera adéquat mais on peut aussi utiliser le IV, très beau, et qui fera moins « rabâché » que le sempiternel Kyriale des Anges. Il est aussi conseillé d’éviter le Kyriale IX, même si le samedi est le jour dédié à la Sainte Vierge, celui-ci étant traditionnellement chanté pour les fêtes mariales, mais aussi pour Noël et la fête du Saint Sacrement.

 

En conclusion : 

 

Nous l’avons bien compris : aucune règle n’est imposée. On peut jongler et choisir. Il ne s’agit que de traditions usuelles, même si il est préférable, tout de même, d’éviter un Kyriale de temps de pénitence un dimanche de Pentecôte.

 

Ces Kyriale, ces Credo, plus ou moins ardus, s’inscrivent dans ce répertoire immensément riche que constitue le chant grégorien. Celui-ci étant le chant liturgique officiel de l’Eglise catholique de rite romain, il appelle, en général, au calme, au recueillement et à la contemplation intérieure.

Son étude nécessite patience, persévérance et motivation. Mais, malgré ses difficultés parfois, ainsi que le dit très justement un prêtre de notre connaissance : « Pas de Chrétienté sans Beaux-Arts ! ».

 

Ainsi, à la suite du roi David qui dansait et chantait devant l’Arche d’Alliance, pour l’honorer, en s’accompagnant de sa harpe et de son psaltérion, nous tentons, avec ces chants sacrés, de permettre à l’Homme de s’unir à Dieu et de retenir et méditer la Parole Divine.

Car la musique sacrée s’adresse à l’Homme tout entier pour lui permettre de rencontrer, au plus intime de son être, le Christ mort et ressuscité que nous célébrons dans l’Eucharistie.

Nous suivons ainsi l’enseignement de Saint Paul, invitant les fidèles qui se rassemblent dans l’attente de l’avènement de leur Seigneur, à chanter ensemble des psaumes, des hymnes et de libres louanges (Col. 3,16). Le chant est en effet le signe de l’allégresse du cœur (Ac. 2,46).



07/02/2013
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